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JE SUIS ADO ET J'APPELLE MON PSY

JE SUIS ADO ET J'APPELLE MON PSY

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ADOLESCENCE EN SOUFFRANCE 21 questions - 21 propositions

ADOLESCENCE EN SOUFFRANCE 21 questions - 21 propositions

image d'Enki Bilal

image d'Enki Bilal

(extrait de l'avant-propos de "Je suis ado et j'appelle mon psy", éd. Max Milo

Les adolescents qui consultent un psy sont de plus en plus nombreux et, fait nouveau des dix dernières années, ils le demandent de plus en plus fréquemment eux-mêmes, directement ou par l’intermédiaire de leur entourage[1]. Il n’est d’ailleurs plus possible de répondre à toutes ces demandes. Auparavant, la résistance des ados à consulter était grande. Il fallait qu’ils soient traînés chez le psy par leurs parents ou par une obligation judiciaire quand ils avaient commis un délit. Dans ces conditions, l’aide apportée était très souvent mise en échec par leur refus et leur inertie. Si les ados consultent d’eux-mêmes, c’est non seulement qu’un tabou s’est progressivement levé, mais aussi que leur désarroi est vertigineux, comme si, disent-ils, un gouffre s’ouvrait sous leurs pieds. Et fait important, ils viennent pratiquement de toutes les couches de la société. Ces adolescents ne trouvent pas leurs réponses et leur place dans un monde dur et conflictuel (nul et pourri, disent-ils) qui les met à l’épreuve, monde auquel ils ne croient plus, avec le sentiment d’être trahis par ceux qui auraient dû les soutenir.

Ils viennent aussi car ils ont essayé en vain, puis rejeté les solutions toutes faites qu’on leur proposait, aussi simplistes qu’inefficaces. Ces réponses sont inadaptées à leurs attentes intimes, souvent différentes de celles qu’ils laissent transparaître dans leur discours de refus et de révolte. Il nous faut entendre ce qu’ils disent par leur comportement déroutant : « Erreur, ce que je montre n’est pas ce que je suis. »

Une longue et passionnante expérience de psy auprès d’enfants et d’adolescents, m’a permis d’approcher ces évolutions, ces attentes, de les décrypter et d’en valider le sens avec eux et leurs parents. C’est la condition pour qu’un adolescent soit réceptif à ce que le psy propose, sinon, il l’éjecte comme il le fait avec son entourage.

[1] Voir notamment « Les consultations en pédopsychiatrie ont été multipliées par deux en dix ans », lien : http://m.la-croix.com/Ethique/Sciences-Ethique/Sciences/Le-desenchantement-de-la-pedopsychiatrie-2013-12-16-1076625, ainsi que l’étude approfondie : « Les enquêtes de l’Association des psychiatres d’exercice privé » dans la revue Psychiatries, numéro spécial « Être psychiatre aujourd’hui », n° 158, 2012.